« ÉCOUTER VOIR »- Galerie.

« Synesthésie du mouvement, mémoire du sensible »

Inspirée par la musique Tabula Rasa du compositeur contemporain, Arvo Pärt, l’installation ÉCOUTER VOIR propose une expérience immersive où photographie et composition musicale dialoguent. Entre vibrations visuelles, couleurs en mouvement et résonances intimes, cette œuvre explore la synesthésie comme langage artistique. « Une invitation à voir la musique et à entendre la couleur ».

ÉCOUTER VOIR – 2023 est née d’une rencontre. Celle d’une musique, Tabula Rasa d’Arvo Pärt, et d’une nécessité intérieure : traduire en images ce qui vibre dans les sons, ce qui se colore dans les émotions. L’installation immersive prend racine dans cette expérience sensorielle totale, où la photographie devient langage, prolongement d’un état d’écoute.

En huit clichés disposés avec précision, l’artiste interroge le paradoxe du mouvement dans un médium fixe. Ici, pas de narration directe, mais des traces, des empreintes. Des formes en suspens, comme issues d’un déplacement fulgurant, traduisent l’énergie vitale d’un corps ou d’un souffle. La gestuelle est libre mais parfaitement maîtrisée. Chaque image semble résonner d’un son invisible, comme un écho à la musique d’Arvo Pärt, cette musique habitée, fécond, pleine d’énergie et de lumière.

Dans cette œuvre, la synesthésie n’est pas un effet : elle est un principe moteur. Couleurs et sons dialoguent, se confondent. « J’entre dans la musique, et la musique entre en moi ». Ce double mouvement, intérieur et physique, donne naissance à des correspondances picturales et sonores, vibrantes et hypnotiques, où chaque spectateur est invité à projeter sa propre mémoire sensorielle.

Le dispositif immersif – format monumental, QR code à scanner pour écouter la musique au casque – transforme l’espace en une chambre de résonance intime. Chacun voit autrement, chacun entend autre chose. Car « ÉCOUTER VOIR » est avant tout une expérience du sensible, une tentative poétique d’englober, d’un seul regard, l’avant, le pendant, et l’après du mouvement. Une invitation à sentir ce qui échappe, à écouter ce qui se montre.