L’homme est devenu dominant, modificateur puis destructeur de la nature. Il apparaît maintenant qu’il n’est plus possible d’envisager l’idée d’une amélioration. Tout doit se transformer ou disparaître. C’est précisément dans ce contexte que j’explore le flou photographique. Les paysages, les personnages, les architectures, disparaissent peu à peu de mes clichés, sous l’effet d’une forte lumière. Notre passé n’est plus que souvenir, notre présent s’efface, notre futur n’est plus envisageable. Cela génère des impressions et des visions chaotiques car le flou devient anxiogène.
Capturer l’éphémère pour toucher l’intemporel.
L’humain est capable d’inventivité et de créativité. Tout angoissant qu’il puisse apparaitre, mon flou se veut surtout rempli d’une énergie vitale qui transcende et m’offre la vision d’un monde futur bien réel, celui de tous les possibles. Et cela commence par imaginer le nouveau monde, voir même de le rêver devant une image qui s’efface. C’est alors que je m’autorise l’utopie et que je me rêve, construisant un lendemain à jamais différent et imprévisible car toujours intensément en mouvement. Le chaos est la fin d’un monde mais il est aussi, annonciateur d’un nouveau à créer. C’est ici le sens même de la vie.
Sur la base d’une exploration du flou, du mouvement et des couleurs, je cherche à transmettre une ambiance qui questionne le vivant, qui communique du sens et qui bouscule les idées reçues. Ainsi, par la présence de couleurs éclatantes, parfois quasi éblouissantes ou bien sombres, de silhouettes s’effaçant, mes clichés donnent à vivre des expériences artistiques et esthétiques. Qu’il soit apaisant, gai ou angoissant, mon flou photographique interroge notre rapport intime à la mort et donc à la vie.










